Le patrimoine HBM de la Porte de Montreuil
20ᵉ arrondissement


Partez à la découverte de l’incroyable histoire des Habitations à Bon Marché de la Porte de Montreuil, où passé et futur se rencontrent, entre histoire sociale et renouveau architectural.
La Porte de Montreuil, située à l'emplacement de l'ancienne enceinte de Thiers, est devenue un territoire stratégique pour la construction des Habitations à Bon Marché (HBM) dès l’entre-deux-guerres. Aujourd'hui encore, ces immeubles continuent d’évoluer grâce aux réhabilitations ambitieuses de Paris Habitat pour répondre aux enjeux contemporains.

Ce parcours a été réalisé en partenariat avec Paris Habitat à l'occasion de la 42ᵉ édition des Journées Européennes du Patrimoine.
Aperçu du parcours
L'histoire des HBM de la Porte de Montreuil
Square Davout-Serpollet © CAUE de Paris
Des fortifications aux HBM, un héritage vivant
À la lisière de Paris, les Habitations à Bon Marché (HBM) de la Porte de Montreuil témoignent d’un siècle d’histoire urbaine, sociale et architecturale. Ces immeubles en brique rouge, devenus emblématiques, incarnent toujours une forme d’innovation, de fonctionnalité et de durabilité exemplaire. Aujourd’hui, Paris Habitat, principal bailleur social de la Ville de Paris, joue un rôle moteur dans leur réhabilitation, conjuguant performance énergétique, confort moderne et préservation de leur identité patrimoniale.
Porte de Bagnolet. Enceinte de Thiers, 1919 © Musée Carnavalet - Histoire de Paris
De l'enceinte de Thiers à la « Zone »
L’histoire commence au XIXᵉ siècle, avec l’enceinte fortifiée de Thiers, construite entre 1841 et 1844 pour protéger Paris. Elle se composait d’un mur bastionné, précédé d’un fossé et flanqué d’un chemin de ronde militaire. Dès la fin du XIXᵉ siècle, ce dispositif défensif devient obsolète et fait obstacle à l’expansion urbaine. Déclassée en 1919, l’enceinte est ensuite progressivement démantelée.
Porte de Montreuil, zone des fortifications, chiffonniers © Eugène Atget, Musée Carnavalet - Histoire de Paris
Entre l’enceinte et les faubourgs se développe alors la « Zone », occupée de manière informelle par des populations modestes qui y vivent dans des conditions de vie précaires : ouvriers, chiffonniers, marchands ambulants, rémouleurs. On y trouve des baraques de fortune, souvent en matériaux de récupération, sans réseau d’égout ni eau potable. Ce territoire devient un vaste espace de marginalité sociale et architecturale perçue par les autorités comme un foyer d’insalubrité et d’insécurité.
Construire la ville sociale
Groupe Davout - Félix-Terrier © MM. Maurice Colin, Kollar, Rambault et Guiot, Touly, Y. Vaulé - Archives Paris Habitat
Dans un contexte de crise du logement, l’État et la Ville de Paris engagent, dès les années 1920, un vaste programme d’assainissement et de construction de logements à destination des classes populaires : ce sont les Habitations à Bon Marché (HBM). La « Zone », vidée progressivement de ses occupants, devient alors un terrain privilégié pour cette nouvelle politique sociale et hygiéniste.
Chantier du square d'Amiens, à gauche le square Davout-Serpollet, à droite les terrains sportifs et Montreuil © Y. Vaulé - Archives Paris Habitat
À la Porte de Montreuil, ces bâtiments apportent un confort inédit : eau courante, chauffage, ventilation, éclairage, sanitaires intégrés. Au-delà de leur fonctionnalité, ils proposent un cadre de vie plus sain, structuré autour de cours, jardins et équipements collectifs. C’est une véritable révolution dans l’habitat populaire.
Depuis le square d'Amiens vers Montreuil, avant la construction du périphérique, 1965 © collection privée Juliette Viret
Les HBM font peau neuve
Édifiées en grand nombre entre les années 1920 et 1940, les HBM révèlent aujourd’hui encore toute leur modernité. À rebours de l’idée d’obsolescence, ces immeubles robustes, pensés dès l’origine pour la durabilité, s’inscrivent pleinement dans les dynamiques actuelles de l’habitat social et de la ville durable. Loin d’être figés, ces bâtiments font aujourd’hui l’objet d’une revalorisation active.
© CAUE de Paris
Paris Habitat, héritier de l’Office public d’habitations de la ville, y mène d’importants travaux de réhabilitation : isolation, modernisation des équipements, rénovation des logements et des parties communes et requalification des espaces extérieurs. Ce travail attentif conjugue performance énergétique, usages contemporains et respect du bâti d’origine.
L'histoire des HBM de la Porte de Montreuil
Square Davout-Serpollet © CAUE de Paris
Des fortifications aux HBM, un héritage vivant
À la lisière de Paris, les Habitations à Bon Marché (HBM) de la Porte de Montreuil témoignent d’un siècle d’histoire urbaine, sociale et architecturale. Ces immeubles en brique rouge, devenus emblématiques, incarnent toujours une forme d’innovation, de fonctionnalité et de durabilité exemplaire. Aujourd’hui, Paris Habitat, principal bailleur social de la Ville de Paris, joue un rôle moteur dans leur réhabilitation, conjuguant performance énergétique, confort moderne et préservation de leur identité patrimoniale.
Porte de Bagnolet. Enceinte de Thiers, 1919 © Musée Carnavalet - Histoire de Paris
De l'enceinte de Thiers à la « Zone »
L’histoire commence au XIXᵉ siècle, avec l’enceinte fortifiée de Thiers, construite entre 1841 et 1844 pour protéger Paris. Elle se composait d’un mur bastionné, précédé d’un fossé et flanqué d’un chemin de ronde militaire. Dès la fin du XIXᵉ siècle, ce dispositif défensif devient obsolète et fait obstacle à l’expansion urbaine. Déclassée en 1919, l’enceinte est ensuite progressivement démantelée.
Porte de Montreuil, zone des fortifications, chiffonniers © Eugène Atget, Musée Carnavalet - Histoire de Paris
Entre l’enceinte et les faubourgs se développe alors la « Zone », occupée de manière informelle par des populations modestes qui y vivent dans des conditions de vie précaires : ouvriers, chiffonniers, marchands ambulants, rémouleurs. On y trouve des baraques de fortune, souvent en matériaux de récupération, sans réseau d’égout ni eau potable. Ce territoire devient un vaste espace de marginalité sociale et architecturale perçue par les autorités comme un foyer d’insalubrité et d’insécurité.
Construire la ville sociale
Groupe Davout - Félix-Terrier © MM. Maurice Colin, Kollar, Rambault et Guiot, Touly, Y. Vaulé - Archives Paris Habitat
Dans un contexte de crise du logement, l’État et la Ville de Paris engagent, dès les années 1920, un vaste programme d’assainissement et de construction de logements à destination des classes populaires : ce sont les Habitations à Bon Marché (HBM). La « Zone », vidée progressivement de ses occupants, devient alors un terrain privilégié pour cette nouvelle politique sociale et hygiéniste.
Chantier du square d'Amiens, à gauche le square Davout-Serpollet, à droite les terrains sportifs et Montreuil © Y. Vaulé - Archives Paris Habitat
À la Porte de Montreuil, ces bâtiments apportent un confort inédit : eau courante, chauffage, ventilation, éclairage, sanitaires intégrés. Au-delà de leur fonctionnalité, ils proposent un cadre de vie plus sain, structuré autour de cours, jardins et équipements collectifs. C’est une véritable révolution dans l’habitat populaire.
Depuis le square d'Amiens vers Montreuil, avant la construction du périphérique, 1965 © collection privée Juliette Viret
Les HBM font peau neuve
Édifiées en grand nombre entre les années 1920 et 1940, les HBM révèlent aujourd’hui encore toute leur modernité. À rebours de l’idée d’obsolescence, ces immeubles robustes, pensés dès l’origine pour la durabilité, s’inscrivent pleinement dans les dynamiques actuelles de l’habitat social et de la ville durable. Loin d’être figés, ces bâtiments font aujourd’hui l’objet d’une revalorisation active.
© CAUE de Paris
Paris Habitat, héritier de l’Office public d’habitations de la ville, y mène d’importants travaux de réhabilitation : isolation, modernisation des équipements, rénovation des logements et des parties communes et requalification des espaces extérieurs. Ce travail attentif conjugue performance énergétique, usages contemporains et respect du bâti d’origine.
Porte Montreuil sud
© CAUE de Paris
Ce premier ensemble de 457 logements est construit en 1934 par l’Office public d’HLM de la Ville de Paris. Sa réhabilitation s’inscrit dans le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) des portes du 20ᵉ et est assurée par les agences FRASK Architectes et Bassinet Turquin Paysage.
© MM. Maurice Colin, Kollar, Rambault et Guiot, Touly, Y. Vaulé - Archives Paris Habitat
Il incarne parfaitement les HBM de « deuxième génération » caractérisés par des constructions plus rationnelles et standardisées. Les ornements en façade - céramiques, polychromies, motifs - sont abandonnés. La brique reste omniprésente, mais la palette de matériaux est réduite au minimum.
Une diversité d’éléments architecturaux
© CAUE de Paris
Formant un îlot ouvert, les bâtiments en redans de cette opération cassent la monotonie. Si une grande partie des façades est enduite, ces immeubles présentent tout de même plusieurs éléments singuliers qui attirent l’œil :
- des bow-window doubles et triples, à l'angle des rues Schubert et Paganini,
- plusieurs fenêtres cintrées au dernier étage,
- des fenêtres d’angle sur la façade rue Paganini, témoins des influences modernes de l’ensemble.
© CAUE de Paris
Les halls d’entrée de la rue Schubert possèdent des encadrements de porte imposants en béton. Celui du jardin d’enfants, avec ses colonnes et son entablement sculpté, se distingue particulièrement.
© CAUE de Paris
Entrée du jardin d'enfants © CAUE de Paris
Cet ensemble a également la particularité de posséder de petites terrasses aux angles des bâtiments, ainsi qu’un toit terrasse qui vient coiffer l’ensemble.
© CAUE de Paris
Les façades présentent différentes matérialités. L’enduit, la brique, mais aussi des murs en mignonettes (surfaces en petits gravillons) situés en partie haute des façades et autour des fenêtres cintrées.
Mur en mignonette © CAUE de Paris
La vie du site
Au rez-de-chaussée, différents espaces permettent de faire vivre les pieds d’immeubles et de les connecter au reste du quartier comme des commerces, un jardin d’enfant et un « Lieu commun », un espace qui sert à la fois de support pour les travaux de réhabilitation (accueil de permanences gestion, de permanences relogements, de concertations, etc.) et d’espace de convivialité (accueil des associations du quartier).
Une préservation du patrimoine architectural
L’ensemble fait partie de la campagne de rénovation menée par Paris Habitat.
En plus d’une réhabilitation thermique au titre du plan climat de la Ville de Paris et du ravalement des façades, une des priorités de cette rénovation est de conserver les éléments historiques qualitatifs qui constituent le patrimoine architectural des HBM. Ainsi, le puits de lumière en pavés de verre, la pergola ainsi que la fontaine du jardin d’enfants sont préservés.
Fontaine du jardin d'enfants © CAUE de Paris
Dans la volonté de revégétaliser et d’unifier les cœurs d'îlot, le jardin sera transformé en un seul ensemble connecté avec des cheminements plus accessibles grâce à la suppression des marches existantes.
Cœur d'îlot © CAUE de Paris
Porte Montreuil nord : squares Quercy, Gascogne, Périgord, Guyenne
© CAUE de Paris
Construits entre 1931 et 1934 par la SAGI et l’architecte Clovis Louis Heckly, ces deux ensembles regroupent 1031 logements et de nombreux commerces en rez-de-chaussée. Ces immeubles reflètent la rationalité économique de l'époque : des façades largement enduites, une ornementation minimale et des ouvertures standardisées.
© MM. Maurice Colin, Kollar, Rambault et Guiot, Touly, Y. Vaulé - Archives Paris Habitat
Ces deux ensembles seront rénovés d’ici 2028 et 2031 par les agences d’architecture Septembre, Majma et jbmn. En plus d’une réhabilitation au titre du plan climat de la Ville de Paris, les transformations prévues s’appuient sur une préservation du patrimoine architectural et la mise en place de nouveaux usages.
© CAUE de Paris
Des constructions simples mais de qualité
Si à leur construction les logements faisaient preuve d’un confort réduit, ils présentent aujourd’hui de nombreux éléments qualitatifs d’origine qui sont préservés et mis en valeur dans le projet de rénovation :
- les escaliers en bois des espaces communs,
- certains sols,
- les radiateurs en fonte,
- les cheminées d’origine,
- les garde-manger qui vont être restaurés avec une approche low tech pour conserver leur usage initial.
Comme pour l'intérieur, des équipements extérieurs d'origine ont été conservés comme les mats d'éclairage et les aménagements en brique.
© CAUE de Paris
Cette rénovation se distingue aussi par la création de logements étudiants à partir d’anciens logements familiaux.
Pour participer à la dynamisation des pieds d’immeubles, certains logements en rez-de-chaussée seront transformés pour accueillir des équipements partagés comme une laverie partagée et une salle de travail CROUS.
D’anciens aménagements préservés
© CAUE de Paris
La rénovation prévoit aussi de préserver des éléments plus récents comme :
- des ascenseurs installés sur les façades en cœur d'îlot,
- des passages en rez-de-chaussée permettant de connecter les cœurs d'îlot aux squares, créés en 2010 par l’architecte Catherine Trebeljahr.
© CAUE de Paris
© CAUE de Paris
Végétalisés et paisibles, les squares et les cours en cœur d’îlot offrent un contraste avec l’animation des rues voisines.
Porte Montreuil nord : square Jules-Cheret
© CAUE de Paris
Construit entre 1931 et 1934, cet ensemble constitué de deux bâtiments regroupe 401 logements et une dizaine de commerces.
Un vocabulaire architectural riche
© CAUE de Paris
Les façades, en alternance de briques et d’enduit clair, sont courbées le long du square Jules-Cheret.
© CAUE de Paris
Cette particularité permet d’augmenter la surface d’ensoleillement des logements, améliorant ainsi leur confort.
© CAUE de Paris
Les ornements sont encore très réduits. La présence d’un calepinage de briques en saillie au premier étage et les garde-corps aux motifs travaillés participent à l’esthétique de l’ensemble.
© CAUE de Paris
Mais ce sont surtout les proues d’immeuble, notamment à l’angle des rues Mendelssohn et des Docteurs Déjerine, qui se distinguent par un riche vocabulaire architectural avec :
- de petites fenêtres circulaires appelées « œil-de-bœuf »,
- des balcons en demi-cercle,
- des fenêtres d’angles qui témoignent de l’influence Art déco.
© CAUE de Paris
Une rénovation tournée vers les occupants
Avec une livraison prévue pour 2030, la rénovation de cet ensemble est assurée par les agences d’architecture Fagart & Fontana et Brunnquell & André Architectes. Comme pour les autres ensembles, le confort thermique et les parties communes vont être améliorés.
Cette opération se démarque par sa volonté de créer un habitat inclusif, destiné « aux personnes qui font le choix à titre de résidence principale, d’un mode d’habitations regroupées entre elles ou avec d’autres personnes. Ce mode d’habitat est assorti d’un projet de vie sociale et partagée. » **
© CAUE de Paris
La rénovation des HBM de la Porte de Montreuil intègre une opération de redynamisation des pieds d'immeubles dont l’objectif est de créer de nouveaux services et commerces, restructurer ceux existants et embellir les devantures.
L’agence KOYA, en charge du projet, a élaboré une charte architecturale et graphique après un diagnostic des pieds d’immeubles. Elle propose des modèles de devantures, divers équipements et une palette chromatique harmonisée qui permet de répondre aux besoins et enjeux de chaque commerce et service. Certaines devantures ont déjà été rénovées comme celle du n°7 rue Eugène-Reisz ou celles de l'ensemble Davout - Félix-Terrier situées le long du boulevard Davout.
Devanture réalisée par l'agence d'architecture KOYA (MOE) © Paris Habitat
Cette opération prévoit aussi la transformation de quelques logements en rez-de-chaussée pour accueillir des services de proximité. C’est le cas de l’espace Chapuis, inauguré en 2022 rue Auguste-Chapuis, qui permet de développer une pépinière associative et de renforcer les services de proximité pour les habitants du quartier (activités sportives et culturelles, démarches administratives, activités dédiées pour les seniors, groupement d’achat solidaire, etc.). Sa position stratégique renforce le lien entre la Porte de Montreuil nord et l’ensemble Félix-Terrier.
** Article L. 281-1 CASF, Arrêté du 24 juin 2019, Annexe I – « Les fondamentaux », relatif au cahier des charges national du projet de vie sociale et partagée de l’habitat inclusif.
Davout - Félix-Terrier
© CAUE de Paris
Un bastion devenu quartier
L’opération Davout - Félix-Terrier est construite entre 1931 et 1934 à l’emplacement de l’ancien bastion XIII. Cet ensemble s’articule en cinq îlots desservis par une voie centrale, la rue Félix-Terrier.
Groupe Davout - Félix-Terrier © MM. Maurice Colin, Kollar, Rambault et Guiot, Touly, Y. Vaulé - Archives Paris Habitat
Les immeubles sont disposés parallèlement aux axes de circulations principaux avec de légers retours sur les axes perpendiculaires. Les espaces verts en pied d'immeubles créent une respiration en cœur d'îlot qui contraste avec l’effervescence du boulevard Davout. Grâce à leur organisation spatiale, des percées visuelles sont créées à travers les îlots, permettant d’aérer l’ensemble bâti.
© CAUE de Paris
Groupe Davout - Félix-Terrier © MM. Maurice Colin, Kollar, Rambault et Guiot, Touly, Y. Vaulé - Archives Paris Habitat
Les cœurs d’îlots sont privés, délimités par des clôtures métalliques hautes laissant passer le regard. Côté rue Louis-Lumière, des panneaux en béton séparent ces espaces de la voie publique qui était avant occupée par les baraquements de la « Zone ». Le projet contemporain prévoit de supprimer ces panneaux pour les remplacer par de la serrurerie permettant une meilleure connexion visuelle entre l'ensemble immobilier et son environnement urbain.
© CAUE de Paris
Une unité architecturale
Les rez-de-chaussée accueillent des commerces donnant sur la rue. Les immeubles comptent entre 5 et 7 étages dont les logements ont conservé leur disposition d’origine. Chaque palier dessert 2, 3 ou 4 logements de 1, 2, 3 ou 4 pièces. Les façades respectent la même cohérence architecturale :
- en brique, avec une frise décorative sur le premier étage,
- du béton lavé en RDC surmontés de petites frises décoratives en carreaux de céramique,
- un soubassement en béton,
- un bandeau en béton enduit en blanc marquant la séparation avec le premier étage,
- des garde-corps en fer forgé,
- des étages en attique avec un balcon en retrait.
© CAUE de Paris
Réhabilitations et travaux
En 1987, l'Office Publique des Habitations Bon Marché de la Ville de Paris entreprend une réhabilitation dite PALULOS, issue d'une loi sur la politique de réhabilitation du parc français de logement social. Livrée au début années 1990, l'opération permet notamment de généraliser le chauffage et l’eau chaude avec des chaudières individuelles, d'aménager des salles de bains et de créer de la ventilation mécanique.
Depuis 1994, cet ensemble HBM est sujet à des travaux d'entretien comme le remplacement de chutes de WC et de descentes d'eau pluviales vétustes, la réfection des couvertures avec remplacement des toitures en tuiles par des toitures en zinc, le remplacement des portillons d'origine par des portillons en acier galvanisé.
© CAUE de Paris
Aujourd’hui, dans un souci de respect de l’existant, l'enjeu pour cet ensemble immobilier est une réhabilitation au titre du plan climat de la Ville de Paris avec l’amélioration du confort d’été et d’hiver des logements et le renforcement du socle végétal des îlots. Pour cette opération qui sera livrée fin 2026, la maîtrise d'œuvre est assurée par h2o architectes mandataires avec D&H paysage et OTEIS.
© CAUE de Paris
L’esthétique initiale des façades est retrouvée en réhabilitant les menuiseries extérieures avec des petits bois respectant l’existant des années 1930 qui avait été gommé dans les années 1970 avec le placage de châssis PVC. La façade en brique est nettoyée et intégralement traitée pour éviter les infiltrations d’eau. Les briques dégradées sont remplacées. Des grilles de ventilation en céramique ont été reconstituées suivant différentes colorimétries. À l'intérieur des halls, la mignonnette a été décapée pour l’éclaircir.
© CAUE de Paris
Square Davout-d’Amiens
À droite Davout-Serpollet, à gauche d'Amiens © CAUE de Paris
Mémoire, modernité et renouveau urbain
Situé à l’ancien emplacement du bastion n°13 de l’enceinte de Thiers, le square Davout-d’Amiens s’inscrit au nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) des portes du 20ᵉ. Sous la gestion de Paris Habitat, des travaux de réhabilitation des espaces extérieurs seront prochainement engagés.
© CAUE de Paris
Ce projet, mené en collaboration avec Nebbia Paysages (aménagements extérieurs) et Vida Architecture (bâtiments), s’articule autour de deux axes majeurs :
- repenser les usages et le lien social : réorganiser les espaces communs, clarifier les limites entre les résidences, créer de nouveaux services de proximité,
- renforcer la place de la nature : valoriser le patrimoine végétal, déminéraliser les sols, intégrer des matériaux issus du réemploi, soutenir une logique d’économie circulaire.
© CAUE de Paris
Deux groupes immobiliers, deux époques
Le square Davout-d’Amiens comprend deux ensembles, aux écritures architecturales distinctes illustrant l’évolution du logement social à Paris.
Groupe Davout-Serpollet
Davout-Serpollet depuis le jardin d'Amiens © CAUE de Paris
Construit en 1934 par les architectes Florent Nanquette, Jacques Brandon et Henri Storoge, cet ensemble adopte un plan en îlot, en alignement avec le boulevard Davout. Les immeubles, hauts de cinq étages, forment un tissu urbain morcelé, ponctué de redans et organisé autour de cours intérieures privatives.
Groupe Davout-d'Amiens © MM. Maurice Colin, Kollar, Rambault et Guiot, Touly, Y. Vaulé - Archives Paris Habitat
Classés au Plan local d’urbanisme (PLU) pour leur qualité architecturale remarquable, ces bâtiments font l’objet de réhabilitations attentives visant à préserver les éléments d’origine : façades en brique, grilles en fonte, candélabres, porche monumental…
Cour en cœur d'îlot © CAUE de Paris
Groupe d’Amiens
© CAUE de Paris
Inauguré en 1954, ce second ensemble est composé de deux grandes barres de neuf étages, implantées en retrait au cœur d’un vaste jardin. Leur plan en Y offre plusieurs orientations aux logements. Les extrémités des barres, conçues en gradins, accueillent de larges terrasses.
Extrémités en gradins et fenêtres d'angle © CAUE de Paris
Construites en ossature béton armé et revêtues de briques avec des modénatures soignées, ces barres affichent une architecture sobre et efficace.
Porche du bâtiment D © CAUE de Paris
Longues de 193 mètres et large de 17 mètres, ces barres s’étendent en plein cœur d’un vaste jardin aujourd’hui classé au PLU en tant qu’Espace vert protégé (EVP). Les limites séparatives d’origine structurent les circulations et usages.
Jardin classé EVP © CAUE de Paris
Extrémités en gradins © CAUE de Paris
Cage d'escaliers, hall d'entrée de la porte D © CAUE de Paris
Accéder au parcours
Bus
Porte de Montreuil (ligne 57)
Place de la Porte de Montreuil (ligne 215 & 351)
Porte de Montreuil (ligne 202)
Métro
Porte de Montreuil (ligne 9)
Tramway
Porte de Montreuil (ligne T3b)


