Les arbres remarquables du parc forestier de la Poudrerie
Sevran, Livry-Gargan, Villepinte, Vaujours
Le parc forestier départemental de la Poudrerie, situé sur les communes de Livry-Gargan, Sevran, Vaujours et Villepinte, est un héritage de la forêt de Bondy, largement modelé au siècle dernier par l’activité poudrière. Site classé en 2004 en raison de ses patrimoines naturels et historiques, il abrite un grand nombre d’arbres remarquables que nous nous proposons de vous faire découvrir.
Le parcours est une boucle. Commencez par le numéro le plus proche de vous !
Ce parcours a été réalisé en partenariat avec :

Remerciements
Nous remercions chaleureusement la Direction de la Nature, des Paysages et de la Biodiversité du Département de la Seine-Saint-Denis et notamment Julia Lorillot qui a co-conçu ce parcours avec nous, Nathalie Coudrault et Pia Favali, ainsi que Gauthier Malherbe d’Île-de-France Nature, qui ont partagé avec nous leurs connaissances et leur expertise via les interviews accessibles à différentes étapes de ce parcours.
Attention : pour écouter les audios, le mode silencieux ne doit pas être activé sur votre smartphone.
Aperçu du parcours
L’Aulne à feuilles en cœur
L’Aulne à feuilles en cœur, arbre remarquable du Département de la Seine-Saint-Denis © CD93
Aujourd'hui, située en Seine-Saint-Denis, la célèbre forêt de Bondy couvrait, au Moyen-âge, tout l’est parisien sur plus de 20 000 hectares. Au début du XVIIème siècle, elle s’étendait au nord, d’Aulnay-sous-Bois à Tremblay-en-France, à l'est, de Coubron à la Plaine de Chelles et au sud de Rosny-sous-Bois à Gagny.
Carte de Cassini 1756 © CD93
De nombreuses espèces y poussaient : orme, chêne, charme, bouleau, peuplier, saule, châtaignier. Des aulnes étaient également présents le long des rivières, inspirant parfois le nom de certaines communes, comme, par exemple, Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis.
La forêt de Bondy : forêt de funeste réputation !
Pendant très longtemps, la nature est un lieu hostile où l'on risque sa vie. La forêt de Bondy n'y fait pas exception : à la fin du VIème siècle, au cours d’une chasse, la reine Frénégonde y fit assassiner son époux le roi Chilpéric Ier. Très dense, cette forêt est longtemps restée un endroit peu sûr. Propice au pillage, rançonnage ou assassinat des voyageurs par des bandes armées, la réputation de la forêt de Bondy était telle que pour évoquer un endroit où l’on risquait de se faire voler, voire tuer, on parlait de « forêt de Bondy ».
Le déclin de la Forêt
Jusqu'à la seconde moitié du 19ème, la forêt de Bondy, comme la plupart des grandes forêts, appartenait aux rois de France. En 1872, elle a été restituée à la famille d’Orléans. Entre le VIIème et le XIIème, des ordres religieux se sont vus octroyer des domaines dans la forêt de Bondy qu'ils défrichèrent. Peu à peu, au cours des siècles, la forêt est morcelée, au gré des besoins de l’agriculture puis de l’urbanisation.
Atlas des paysages de la Seine-Saint-Denis © ATILE
Le déclin rapide de la forêt survient au XIXème siècle avec le développement de Paris :
- L'État entreprend de créer un réseau ferroviaire reliant Paris à ses provinces. Dans ce cadre, plusieurs hectares de la forêt de Bondy ont été défrichés.
- Les besoins d'alimentation en eau potable de la capitale et de lutte contre les nombreux incendies sont à l'origine de la construction du canal de l'Ourcq au début du 19ème siècle. Sa construction a nécessité la destruction de 25 hectares de bois. Celle-ci s'est poursuivie jusqu'en 1865 pour la réalisation d'une tranchée accueillant l’aqueduc souterrain de la rivière, la Dhuys.
Sur le secteur de Livry, 1160 hectares sont mis aux enchères. Louis Xavier Gargan achète une parcelle et implante une scierie mécanique. Les arbres sont débités en planches de wagons, madriers et palissades et les sociétés de matériaux commencent à éventrer le sol pour transformer le gypse en plâtre. Le parc forestier de la Poudrerie est un vestige de 137 hectares de cette forêt de Bondy désormais morcelée.
La forêt actuelle
Aujourd'hui, le lieu qui a conservé le nom de forêt de Bondy est un espace forestier de 185 hectares géré par la Région Île-de-France. Il est situé sur les communes de Coubron, Clichy-sous-Bois et Montfermeil.
Le parc forestier de la Poudrerie (137 hectares) offre aux visiteurs l'un des derniers témoins de l'immense forêt de Bondy.
Revenons à notre Aulne à feuilles en cœur
L’Aulne est appelé Aulne à feuilles en cœur à cause de la forme caractéristique de sa feuille à la base arrondie (cordiforme). Ses autres appellations sont dues à son origine géographique du sud de l’Europe. La plus répandue est celle d’Aulne de Corse, mais celle de l’Aulne d’Italie peut être également utilisée.
Bien que présent en Île-de-France, l’Aulne de Corse est le seul spécimen du parc. Sa rareté lui a valu le classement d’arbre remarquable dans l’inventaire des arbres du Département.

🎧 En écoute
Interview de Gauthier Malherbe, ancien technicien du parc forestier de la Poudrerie, qui explique comment fonctionne une forêt.
L’Aulne à feuilles en cœur
L’Aulne à feuilles en cœur, arbre remarquable du Département de la Seine-Saint-Denis © CD93
Aujourd'hui, située en Seine-Saint-Denis, la célèbre forêt de Bondy couvrait, au Moyen-âge, tout l’est parisien sur plus de 20 000 hectares. Au début du XVIIème siècle, elle s’étendait au nord, d’Aulnay-sous-Bois à Tremblay-en-France, à l'est, de Coubron à la Plaine de Chelles et au sud de Rosny-sous-Bois à Gagny.
Carte de Cassini 1756 © CD93
De nombreuses espèces y poussaient : orme, chêne, charme, bouleau, peuplier, saule, châtaignier. Des aulnes étaient également présents le long des rivières, inspirant parfois le nom de certaines communes, comme, par exemple, Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis.
La forêt de Bondy : forêt de funeste réputation !
Pendant très longtemps, la nature est un lieu hostile où l'on risque sa vie. La forêt de Bondy n'y fait pas exception : à la fin du VIème siècle, au cours d’une chasse, la reine Frénégonde y fit assassiner son époux le roi Chilpéric Ier. Très dense, cette forêt est longtemps restée un endroit peu sûr. Propice au pillage, rançonnage ou assassinat des voyageurs par des bandes armées, la réputation de la forêt de Bondy était telle que pour évoquer un endroit où l’on risquait de se faire voler, voire tuer, on parlait de « forêt de Bondy ».
Le déclin de la Forêt
Jusqu'à la seconde moitié du 19ème, la forêt de Bondy, comme la plupart des grandes forêts, appartenait aux rois de France. En 1872, elle a été restituée à la famille d’Orléans. Entre le VIIème et le XIIème, des ordres religieux se sont vus octroyer des domaines dans la forêt de Bondy qu'ils défrichèrent. Peu à peu, au cours des siècles, la forêt est morcelée, au gré des besoins de l’agriculture puis de l’urbanisation.
Atlas des paysages de la Seine-Saint-Denis © ATILE
Le déclin rapide de la forêt survient au XIXème siècle avec le développement de Paris :
- L'État entreprend de créer un réseau ferroviaire reliant Paris à ses provinces. Dans ce cadre, plusieurs hectares de la forêt de Bondy ont été défrichés.
- Les besoins d'alimentation en eau potable de la capitale et de lutte contre les nombreux incendies sont à l'origine de la construction du canal de l'Ourcq au début du 19ème siècle. Sa construction a nécessité la destruction de 25 hectares de bois. Celle-ci s'est poursuivie jusqu'en 1865 pour la réalisation d'une tranchée accueillant l’aqueduc souterrain de la rivière, la Dhuys.
Sur le secteur de Livry, 1160 hectares sont mis aux enchères. Louis Xavier Gargan achète une parcelle et implante une scierie mécanique. Les arbres sont débités en planches de wagons, madriers et palissades et les sociétés de matériaux commencent à éventrer le sol pour transformer le gypse en plâtre. Le parc forestier de la Poudrerie est un vestige de 137 hectares de cette forêt de Bondy désormais morcelée.
La forêt actuelle
Aujourd'hui, le lieu qui a conservé le nom de forêt de Bondy est un espace forestier de 185 hectares géré par la Région Île-de-France. Il est situé sur les communes de Coubron, Clichy-sous-Bois et Montfermeil.
Le parc forestier de la Poudrerie (137 hectares) offre aux visiteurs l'un des derniers témoins de l'immense forêt de Bondy.
Revenons à notre Aulne à feuilles en cœur
L’Aulne est appelé Aulne à feuilles en cœur à cause de la forme caractéristique de sa feuille à la base arrondie (cordiforme). Ses autres appellations sont dues à son origine géographique du sud de l’Europe. La plus répandue est celle d’Aulne de Corse, mais celle de l’Aulne d’Italie peut être également utilisée.
Bien que présent en Île-de-France, l’Aulne de Corse est le seul spécimen du parc. Sa rareté lui a valu le classement d’arbre remarquable dans l’inventaire des arbres du Département.

🎧 En écoute
Interview de Gauthier Malherbe, ancien technicien du parc forestier de la Poudrerie, qui explique comment fonctionne une forêt.
Les trois chênes de la ferme pédagogique
Deux Chênes pédonculés de la ferme pédagogique © CD93
Un roi de couronnement récent : l’orme est mort, vive le chêne !
Aujourd’hui considéré comme le roi des arbres, le chêne est l'arbre le plus grand et le plus majestueux de nos forêts de l'hémisphère nord. Cela n’a pas toujours été le cas, ce statut de « roi des arbres » était plutôt attribué à l’orme dont la taille était supérieure à celle du chêne et pouvait atteindre jusqu'à 40 mètres. Il faut rappeler que cette essence est la première à avoir été utilisée en alignement à Paris, quai des Célestins, au XIVème siècle. En effet, le duc de Sully voulait en voir planter un dans chaque village et il a aussi souvent servi d’arbre de la liberté durant la Révolution. Les ormes trônaient souvent sur les places des villages, le lieu de prises de décisions importantes. Au 17ème siècle, l'expression « attendre sous l’orme » était utilisée de manière moqueuse quand il s’agissait de donner un rendez-vous auquel on ne se rendra pas. Un peu comme « poser un lapin » de nos jours !
Orme de Crouy sur Ourcq, sélectionné par le jury francilien pour représenter l’Île-de-France dans le cadre du concours de l’arbre en 2024 © Martine Godé
Les grands ormes ont presque disparu d'Europe en quelques années à la suite de la diffusion de la graphiose (maladie de l’arbre), permettant ainsi au chêne d’être, dans l’imaginaire de tous, le seul et unique roi de nos forêts.
Un bois de qualité
S’il est un domaine dans lequel la suprématie du chêne n’a jamais été contestée, c’est bien pour la qualité de son bois. Le chêne est un arbre de croissance lente à qui il faut de 100 à 150 années pour atteindre la canopée (ensemble du haut du feuillage des arbres) au sein d’une forêt. Cette lenteur lui permet de produire un bois dense et dur, très recherché pour sa qualité.
Un bois sacré
Le mot chêne vient d'un mot gaulois, « casanos ». C'était l'arbre sacré des druides qui est très rarement parasité par le gui. Le gui du chêne était donc le plus sacré et le plus précieux. Le chêne est un symbole de force, de puissance et de longévité malgré une croissance lente.
Aujourd’hui, le caractère sacré de l’arbre tient plus à ses fonctions écosystémiques importantes. Ainsi, entre avril et septembre, un chêne adulte transforme environ 6000 kg de dioxyde de carbone en 4500 kg d'oxygène, grâce à son feuillage très développé. De plus, selon Stève Breitenmoser, ingénieur en gestion de la nature, « les chênes centenaires sont des mégapoles de biodiversité en zone agricole ». En zone forestière, ils abritent également une biodiversité importante (oiseaux, insectes, organismes vivants se développant sur son bois, etc.) et fournissent en peu de temps un humus doux et peu acide qui engendre la formation de sols bruns forestiers.
Un genre très varié
Il existe plus de 400 espèces de chênes dont la majorité sont situés dans l’hémisphère nord. En Europe, seule une vingtaine d’espèces poussent spontanément et plus spécifiquement en France : le chêne vert, le chêne liège, le chêne kermès, le chêne tauzin, le chêne chevelu, le chêne rouvre ou sessile, le chêne pédonculé, le chêne pubescent. Ces trois dernières espèces sont endémiques de la Seine-Saint-Denis.
Admirez la silhouette élégante et majestueuse de ces chênes remarquables !
À cette distance, vous avez la possibilité d’observer entièrement la silhouette de ces arbres, ce qui est rare en forêt. L’élégance de ces trois spécimens leur ont permis d’être inventoriés par le Département au titre d’arbre remarquable !
Les chênes sont reconnaissables grâce à leur port ample et imposant, à leur forme irrégulière dues à de grosses branches horizontales laissant passer ponctuellement la lumière, et à leur écorce crevassée.
Le Chêne pédonculé se distingue des autres chênes grâce à ses feuilles lobées et ses longs pédoncules qui portent ses glands. Ses fruits sont très appréciés des animaux de la forêt comme les sangliers, les chevreuils et les écureuils. Ils peuvent être également consommés dans l'alimentation humaine après extraction des tanins toxiques, amers et astringents.
Tronc d’un chêne pédonculé du parc forestier de la Poudrerie © CD93
Feuilles d’un chêne pédonculé accompagnées de ses fruits, les glands © Hans, Pixabay
Les 3 Séquoias géants
Vue en contre-plongée d’un des trois Séquoia géant remarquable du parc © CD93
Un géant dégarni
Le Séquoia géant est une espèce de conifères appartenant à la famille des taxodiacées. La forme pyramidale prononcée des jeunes arbres s'estompe avec l'âge au profit d'une silhouette plus ovoïde (en forme d’un œuf). En devenant adulte, il se dégarnit de ses branches basses et la base de son tronc s'élargit fortement au niveau du sol. Avec le temps, sa flèche est souvent cassée par le vent. À noter qu’au parc forestier de la Poudrerie, les séquoias ont la chance d’avoir encore leur flèche intacte !
Silhouette d’un des trois Séquoia géant remarquable du parc © CD93
Très riche en tanins et dépourvue de résine, son écorce rouge est fibreuse et protège l'arbre des petits incendies naturels, fréquents dans sa région d'origine et indispensables à sa reproduction. En effet, originaires de Californie, les séquoias sont pyrophytes : leur reproduction est favorisée par le feu. Les grands feux à haute intensité générés par le changement climatique lui sont néanmoins fatal, à tel point que leur nombre a fortement diminué à cause des derniers incendies californiens.
Écorce d’un des trois Séquoia géant remarquable du parc © Guillemette Morin
Conifère et résineux, ce n'est pas vraiment la même chose !
Conifère et résineux sont souvent associés dans l’esprit des gens, à juste titre dans la majorité des cas. Cependant, le Séquoia géant est une exception. Bien que son bois ne contienne pas de résine, il fait pourtant bien partie de la grande famille des conifères avec son cône, fruit de forme ovoïde et son feuillage constitué des petites aiguilles persistantes et piquantes. D’une longueur allant de 3 à 6 centimètres, les cônes du Séquoia géant sont pendants et légèrement plus petits qu’un œuf.
Des caractéristiques impressionnantes
Le Séquoia géant se caractérise par sa longévité en pouvant vivre jusqu'à 3500 ans, il atteint habituellement une hauteur de 50 à 85 mètres pour un diamètre de 6 à 8 mètres. Dans un contexte très favorable, il peut atteindre jusqu’à 100 mètres de haut. Ce n'est pas pour autant l'arbre le plus grand du monde. Le Séquoia vert le dépasse avec des records à plus de 115 mètres de haut et le cyprès de Montézuma a plus de 14,4 mètres de diamètre. Le parc forestier de la Poudrerie est loin d’offrir les conditions idéales à son développement, c’est pourquoi on peut penser que les trois séquoias que vous pouvez observer ont atteint leur taille maximale.
Un nouveau venu sur le sol européen depuis déjà plus d’un siècle
Dans son habitat naturel, le Séquoia géant vit en altitude, au-dessus de 1000 mètres, dans la Sierra Nevada de Californie.
Il a été introduit en France, comme en Europe, dans la seconde moitié du 19ème siècle et les sujets les plus âgés que l’on puisse observer ont environ 170 ans. À cette époque, du fait de ses qualités ornementales, il a connu un vif succès dans les parcs et jardins d'agrément où il a souvent été planté en solitaire, et plus rarement en alignement. Moins planté de nos jours, un inventaire national comptabilise plus de 17 000 individus en 2021.
Historiquement, au parc forestier de la Poudrerie, 4 Séquoias géants ont été plantés pour marquer les angles d’un parterre d’agrément qui a disparu avec la démolition de bâtiments dédiés à l’industrie de la poudrerie.
🎧 En écoute
Interview de Gauthier Malherbe, technicien chez Île-de-France Nature, qui explique comment adapter la forêt au changement climatique.
Les deux Cyprès chauves
Les deux Cyprès chauves remarquables du parc © Guillemette Morin
Un cyprès pas si cyprès !
Le Cyprès chauve (taxodium distichum) fait partie de la famille des taxodiacées, auquel appartient également le séquoia, et plus précisément à la sous-famille des Cupressaceae. Contrairement aux autres cyprès, il perd ses feuilles en hiver ce qui lui vaut son nom de Cyprès « chauve ».
À l’aise les pieds dans l’eau
Une caractéristique unique du Cyprès chauve est sa capacité à tolérer des conditions d'eau stagnante et à pousser dans les marécages et les zones humides. Aux États Unis dont il est originaire, il est considéré comme le symbole des marais du sud. La Louisiane où il est très présent, notamment le long du fleuve Mississippi, l’a adopté comme emblème. En effet, exigeant en humidité, il s’épanouit au bord des fleuves et des marécages. En terrain humide, il développe des structures particulières appelées « genoux » ou, plus scientifiquement pneumatophores, qui se forment à partir des racines et émergent de l'eau ou du sol environnant et peuvent mesurer jusqu'à 1 mètre 50 de hauteur. Ces curieuses excroissances sont creuses et ne se produisent qu'à partir de l'âge de 25 ans, elles aident à l'ancrage et à la respiration de l'arbre.
Les Cyprès chauves du parc forestier de la Poudrerie, ne sont malheureusement pas suffisamment proches de l’eau pour pouvoir développés des pneumatophores.
Présence de pneumatophores situés autour du tronc d’arbre – Arboretum de la Vallée aux Loups © CD93
C’est à l’automne qu’il est le plus beau !
Introduit en France en 1640, le Cyprès chauve est un arbre majestueux pouvant atteindre 30 à 50 mètres de haut, pour un tronc de 2 mètres de circonférence. Comme le Séquoia géant, son allure se modifie avec l’âge : de port pyramidal lorsqu'il est jeune, il prend une forme plus large et conique à mesure qu'il vieillit. L’écorce de son tronc est fibreuse, de couleur brun-rougeâtre à brun-grisâtre et devient souvent rainurée avec l'âge. Disposées de manière alternée le long des rameaux, ses feuilles sont petites, de 1 à 3 centimètres de long et de forme lancéolée.
Tronc du Cyprès chauve © Guillemette Morin
Disposées de manière alternée le long des rameaux, ses feuilles sont petites, de 1 à 3 centimètres de long, et de forme lancéolée.
Feuillage du Cyprès chauve © Future SAKMei, Pixabay
Elles arborent une couleur vert vif au printemps et en été, mais c’est à l’automne qu’elles offrent un magnifique spectacle en se parant de couleurs chaudes variant du rouge, cuivre ou orange vif.
Son feuillage attrayant et sa forme élégante en font un arbre d’ornement souvent utilisé dans les parcs ou les aménagements paysagers. Sa résistance à l'eau lui vaut d’être un choix fréquent pour la plantation en zone aquatique, le long des étangs, des marais et des cours d'eau.
Feuillage d’un Cyprès chauve en automne © Pixabay
Conifère versus feuillu ? Ici aussi, la mixité est bénéfique aux deux !
Les essences se divisent en deux grandes catégories : les feuillus, qui ont des feuilles bien développées, et les conifères qui ont des feuilles réduites à des aiguilles. La plupart du temps les conifères conservent leurs aiguilles en hiver alors que les feuillus perdent leurs feuilles.
Les conifères couvrent un tiers des forêts de France métropolitaine et les feuillus les deux tiers. Pourtant, plus de la moitié du volume de bois commercialisé est issue de conifères car ils sont plus rapidement exploitables. En règle générale, il y a plus de diversité d'essences d'arbres dans une forêt de feuillus que dans une forêt de résineux.
Les différents types de feuilles des feuillus © Office National des Forêts
Ce phénomène résulte surtout de l'action de l'Homme dans le mode de création des forêts : de nombreuses forêts de résineux sont créées par plantation et par construction mono-spécifique. Alors que les forêts feuillues sont plus souvent renouvelées par régénération naturelle. La mixité entre feuillus et conifères est également encouragée pour éviter les risques sanitaires liés aux monocultures, mais aussi pour favoriser une plus grande diversité des espaces verts.
Le chêne du pavillon Maurouard
Chêne remarquable situé à l’ouest du Pavillon Maurouard © CD93
Un arbre, kesako ?
C’est un végétal qui se développe en hauteur. S’il atteint jusqu'à 7 mètres à l’âge adulte, on parle d’arbuste, s’il dépasse cette hauteur, on peut alors parler d’arbre au sens strict. Ces plantes vivent généralement plusieurs décennies, voire pour certaines espèces, plusieurs siècles. Un arbre est composé d’un système racinaire qui l’ancre dans le sol, d’un tronc qui se ramifie en formant des branches. Celles-ci portent le feuillage et leur ensemble forme le houppier, que l’on nomme aussi couronne. La partie du tronc qui ne porte pas de branche forme le fût.
Chaque espèce d’arbre se caractérise par sa taille, sa forme, son tronc, son écorce, ses feuilles, ses fruits, le climat et le milieu dans lequel il pousse.
Mais comment ça fonctionne la croissance de l'arbre ?
Par ses racines, l’arbre puise de l’eau et des sels minéraux dans le sol. C’est par la circulation de la sève brut que ces deux éléments montent dans l’arbre jusqu’aux feuilles.
Une partie de l’eau présente dans la sève brute s’évaporera directement à la surface des feuilles (évaporation) ou sortira par de petites ouvertures, nommés stomates : c’est la transpiration. La combinaison de ces deux phénomènes s’appelle l’évapotranspiration.
En parallèle, ses feuilles absorberont du CO2 présent dans l’air et, sous l’action des rayons du soleil, le CO2, l’eau et les sels minéraux se transformeront en glucose (nutriment) et en oxygène. Ce phénomène porte le nom de photosynthèse. Le sucre redescendra ensuite dans la totalité de l’arbre via la sève élaborée pour nourrir l’arbre.
Le diagnostic phytosanitaire : un bilan santé de l’arbre
Pour déterminer si les arbres sont en bonne santé, des diagnostics phytosanitaires sont réalisés. Les personnes qui les réalisent s'appellent les arboriculteurs ou arboricultrices. Ce sont des spécialistes des arbres aussi bien forestiers que fruitiers ou d’ornement.
Le diagnostic de l'arbre permet de détecter des symptômes de maladies, de carences nutritionnelles ou encore des dégâts causés par des insectes. La première étape du diagnostic consiste à observer attentivement l’arbre dans son ensemble avec l’examen du feuillage, de l’écorce, du tronc et des branches. Le professionnel est à la recherche de signes visibles de dégradation tels que la présence de bois mort, de fissures du tronc ou des branches, la présence de champignons ou encore une inclinaison anormale de l’arbre. Un diagnostic approfondi peut par la suite être réalisé si le résultat de l’examen visuel suspecte des fragilités. On peut, par exemple, réaliser un test de traction en réalisant des tractions mécaniques sur l’arbre en différents points pour simuler le comportement de l’arbre face à l’action de vents violents.
Lorsqu’un arbre présente un état de dégradation avancé et qu’il est situé dans une zone de passage, il peut représenter un danger pour les usager.ère.s en raison du risque de chute de branches ou d’effondrement de l’arbre. Dans ce cas, pour garantir leur sécurité, l’arbre devra être élagué ou abattu si le risque de chute est trop grand.
A contrario, lorsque l’arbre est éloigné des voies de passage, il est fréquemment laissé sur place afin de servir d'habitat et de nourriture à de nombreuses espèces animales et végétales. En effet, un arbre mort est en réalité un arbre plein de vie puisqu’on estime à 20 % des animaux et champignons qui dépendent exclusivement du bois mort.
Pas besoin d’être un expert pour mesurer un arbre !
Mesurer un arbre peut sembler complexe, mais c'est en réalité assez simple une fois qu'on connaît les bonnes techniques.
- Pour mesurer le tronc de l’arbre, il vous suffit d’enrouler un ruban à mesurer autour du tronc de l’arbre, ce qui vous donnera la dimension de la circonférence du tronc. Ensuite vous pourrez diviser la mesure trouvée par 3,14, pour connaître son diamètre. Ce nombre correspond à la valeur de pi (π), qui définit le rapport entre la circonférence du cercle sur son diamètre quel que soit la taille du cercle.
- Pour mesurer la hauteur de l’arbre ? Rien de plus simple que la méthode de la croix du bûcheron ! Pour l’appliquer, trouvez deux morceaux de bois de la même longueur et formez une croix. Placez le morceau horizontal de la croix au niveau de votre œil en pliant votre coude. Placez-vous de manière à ce que le bas du bâton vertical soit à la base du tronc et le haut au sommet de l’arbre. Une fois bien positionné, comptez le nombre de pas qui vous séparent de l’arbre. Considérant qu’un pas équivaut plus ou moins à un mètre selon la taille de l’individu, vous obtiendrez la hauteur approximative de l’arbre en comptant le nombre de pas parcouru.
Illustration de la technique de la croix du bucheron © CD93
Pour en savoir plus sur les différents diagnostics faits sur les arbres : https://www.arbrecaue77.fr/proteger-et-soigner
Le chêne à 5 pieds
Le Chêne pédonculé à 5 pieds remarquable du parc © CD93
Tout arbre est singulier…
Même au milieu d’une forêt, un arbre peut attirer votre attention au point de ne plus voir que lui, sa majesté, son élégance, sa grâce, sa poésie. Il peut être source d’inspiration pour les poète.sse.s, les écrivain.e.s, source de méditation pour tous.tes. Sa longévité nous amène parfois à réfléchir au temps qui passe, à l’histoire dont il a été le témoin, petite ou grande histoire.
On noue parfois un attachement tout particulier à un arbre. Sa forme nous parle, nous émeut, nous surprend, nous touche.
…mais tous n’ont pas cinq troncs !
Vous êtes ici au parc forestier de la Poudrerie, devant un chêne. Vous en avez vu d’autres auparavant, cependant celui-ci est unique ! Regardez son tronc ou devrais-je dire ses troncs ? Oui, c’est un chêne à cinq troncs. Certaines espèces d’arbres ont des dispositions génétiques plus enclines à développer plusieurs troncs. Le chêne pédonculé, comme le frêne commun sont de ceux-là.
La présence de plusieurs troncs sur un même arbre présente plusieurs avantages :
- Avec plusieurs troncs, ces arbres ont plus de feuilles ce qui leur permettent d’absorber plus de carbone.
- Ils offrent un habitat plus riche, accueillant un plus grand nombre d’espèces animales, d’oiseaux et d’insectes.
- Ils présentent souvent un aspect esthétique renforcé.
- Ils sont généralement plus résistants aux maladies et plus forts face aux tempêtes
Remarquable, vous avez dit remarquable ?
Certains arbres bénéficient d’un label « Arbre remarquable », mais de quoi s’agit-il exactement ? La notion d’arbre remarquable a été introduite par Robert Bourdu, cofondateur et président d’honneur de l’association A.R.B.R.E.S, créée en 1994 pour préserver et sauvegarder les arbres d’exception. Depuis 2000, cette association attribue à l’échelle nationale les labels Arbre remarquable de France et Ensemble arboré remarquable, en s’appuyant sur six critères principaux : l’âge, les caractéristiques physiques, l’intérêt historique (réel ou légendaire), l’aspect esthétique, la particularité biologique, et la rareté.
Pour en savoir plus sur l’association A.R.B.R.E.S : https://www.arbres.org/
En parallèle, en Seine-Saint-Denis, le Département valorise également ses propres arbres remarquables, selon sa grille de critères :
- L'âge de l'arbre qui témoigne de son ancienneté et de son caractère exceptionnel.
- Ses dimensions, qu’il s’agisse de sa taille, hauteur ou envergure, qui en font un spécimen imposant.
- Sa valeur patrimoniale, souvent associée à des légendes, événements historiques ou symboliques locales, renforçant son rôle dans la mémoire collective.
- Sa valeur paysagère, marquant fortement son environnement en tant qu'élément visuel ou repère dans le paysage naturel ou urbain.
- Et enfin, son intérêt écologique, notamment lorsqu’il fait partie d’une continuité écologique, qu’il soit d’espèce locale ou dans une zone protégée contribuant à la préservation de la biodiversité.
Depuis 2024, chacun peut désormais proposer ses arbres coups de cœur sur la plateforme participative de l’Observatoire des arbres de la Seine-Saint-Denis. Une plateforme lancée pour permettre aux habitant.e.s de contribuer à l’inventaire des arbres remarquables et à la valorisation de ce patrimoine vivant.
Pour participer : https://seinesaintdenis.observatoiredesarbres.fr/fr/portail/642/index.html
Le diadème de platanes
Début de l’alignement des platanes © CD93
En vert, l’alignement de platanes en forme de diadème
Non, non, cet alignement d’arbres n’a été planté pour des raisons esthétiques !
Devant vous se développe un alignement composé de 68 platanes qui contourne le pavillon Maurouard, au nord, de manière circulaire formant une sorte de diadème.
Cet alignement présente une esthétique remarquable, mais, à sa plantation, lors de l'installation de la force motrice pour le fonctionnement des ateliers de l'usine de poudrerie, la motivation était d’une tout autre nature ! En effet, la face nord du Pavillon Maurouard comprenait à son origine la salle de transmission d’où rayonnaient les câbles télodynamiques qui venaient actionner les machines des divers ateliers implantés tout autour. Les platanes ont été plantés dans l'hémicycle afin de pouvoir protéger les bâtiments d’une éventuelle explosion.
Les platanes qui ornent les routes de France, un héritage napoléonien
Les platanes le long des routes sont souvent critiqués pour des raisons de sécurité, mais ils ont une histoire qui remonte aux guerres napoléoniennes. À l'époque, les troupes de Napoléon traversaient le pays à pied ou à cheval. En plein soleil, ce voyage les épuisait avant même d'atteindre le champ de bataille. L'empereur a donc décidé de planter des arbres sur les grands chemins de France pour offrir un maximum d'ombre. C'est ainsi que le platane a été planté : un arbre reconnu pour sa solidité et pour sa qualité d'ombrage grâce à la largeur de ses feuilles.
Pour des raisons sécuritaires le long des routes, les alignements ont commencé à disparaître du paysage en étant abattus de manière systématique. C’est lors de son mandat que le président Georges Pompidou a affirmé une politique de préservation de platanes le long des voies.
Voici un extrait de sa lettre du 17 juillet 1970 à destination du ministre de l’équipement :
« La vie moderne dans son cadre de béton, de bitume et de néon créera de plus en plus chez tous un besoin d’évasion, de nature et de beauté. L’autoroute sera utilisée pour les transports qui n’ont d’autre objet que la rapidité. La route, elle, doit redevenir pour l’automobiliste de la fin du vingtième siècle ce qu’était le chemin pour le piéton ou le cavalier : un itinéraire que l’on emprunte sans se hâter, en en profitant pour voir la France. Que l’on se garde donc de détruire systématiquement ce qui en fait la beauté ! »
L’intégralité du discours à consulter ici : https://www.botanique-jardins-paysages.com/lettre-de-georges-pompidou/
Quelques soient les espèces qui les composent, ces alignements sont aujourd'hui regardés et préservés pour leur valeur écologique
En effet, les alignements d’arbres offrent des abris et des ressources alimentaires à de nombreuses espèces (oiseaux, insectes, petits mammifères). Ils forment également des « corridors écologiques » permettant de faciliter les déplacements des espèces entre différents milieux naturels.
Fonctionnement des corridors écologiques © Ministère de l’aménagement du territoire et de la transition écologique
Conscient de l’importance de ces enjeux, le Département a souhaité s’engager dans une politique ambitieuse de l’arbre, en adoptant son Plan canopée en 2020.
Retrouvez ses engagements ici : https://ressources.seinesaintdenis.fr/La-Charte-d-engagement-pour-les-arbres
🎧 En écoute
Interview de Nathalie Coudrault, chargée de développement et de partenariats du Parc forestier de la Poudrerie qui explique comment « Une usine de poudre s'installe dans une forêt ».
Les 2 ifs en doublette de la mare à l'îlot
Les deux Ifs communs remarquables au parc forestier de la Poudrerie © CD93
Pas d'if dans une forêt !
À l’origine, l’If commun était un arbre courant dans les forêts européennes et qui tend à disparaître aujourd’hui. Sa forte toxicité a été à l’origine de son arrachage systématique. En effet, cet arbre est l’une des plus grandes causes d'intoxication végétale chez les équidés. L’If est également toxique pour l’homme, le bétail et de nombreux autres mammifères.
Est-ce parce qu’il donne la mort que l’on rencontre souvent l’if dans les cimetières ? Sans doute, mais on peut aussi penser que sa longévité lui confère un symbole d’éternité.
En Angleterre, dans le Devon, il est possible de voir au sein du Parc de Dartington Hall, un if âgé de plus de 1800 ans.
Un bon candidat pour l’art topiaire !
L’art topiaire est un art de jardinage qui sculpte et taille les végétaux pour leur donner une forme particulière, géométrique, ornementale ou figurative. Pratiqué depuis des siècles dans les parcs et jardins, cet art qui connaît son apogée à la Renaissance, reste encore aujourd’hui emblématique du jardin à la française. Vous pouvez notamment admirer dans les jardins de Versailles, des allées bordées d’ifs taillés en forme de cônes, de boules, et autres formes géométriques.
L'if, de croissance très lente, adapté à tout sol et d'ensoleillement, très résistant et se prêtant bien à la taille est un bon candidat à l’art topiaire.
Un conifère sans cône, un résineux sans résine
L’if (Taxus baccata) appartient à la famille un peu bizarre des Taxaceae. En effet, cette famille, dont l’if est le membre le plus connu, regroupe essentiellement des conifères sans cône ni résine et dont les arbres sont sexués. Cela signifie que pour se reproduire il faudra nécessairement un if mâle et un if femelle. Contrairement à la plupart des autres conifères, l’if ne porte pas ses fruits dans un cône, mais dans une espèce de baie rouge et charnue appelée arille et porté par les ifs femelles.
Ses feuilles sont plates, étroites, de couleur vert foncé, sans odeur et parfaitement alignées. Elles ressemblent à des aiguilles et persistent en hiver ce qui fait de l’if un excellent candidat pour la plantation de haies taillées. Elles contiennent une substance utilisée dans le traitement de certains cancers (ovaires, seins, poumons).
Aiguilles de l’If commun © CD93
Les deux hêtres du passage
Les deux hêtres remarquables du parc forestier de la Poudrerie © Guillemette Morin
Hêtre, ou ne pas hêtre ?
Au loin dans la forêt, il n’est pas toujours facile de distinguer le hêtre du charme. Pour cela, il vous faudra observer les feuilles, si vous constatez la présence de petits poils sur le bord des feuilles ovales alors vous êtes bien en présence d’un hêtre, mais si le bord est dentelé, alors vous êtes devant un charme.
La plupart des amateurs d’arbres ont une petite phrase pour se souvenir de qui est à poil et qui à des dents :
Le charme d’Adam (à dent) est d’être (hêtre) à poil !
Feuille du Hêtre Commun et petits poils visibles sur son pourtour © Guillemette Morin
Par ailleurs, le hêtre se reconnaît à son tronc droit, gris et lisse qui se distingue de celui du charme, qui est cannelé et souvent tordu.

Et la lumière fut !
Le hêtre peut atteindre 30 à 40 mètres et vivre plusieurs centaines d’années. Aucune plante ne peut ainsi pousser à proximité car son feuillage très dense empêche la lumière de passer et donc sa croissance.
La lumière est un facteur clé dans la gestion forestière car elle conditionne directement la diversité et la répartition des espèces végétales au sein de la forêt. Toutes les espèces n’ont pas les mêmes besoins de luminosité pour se développer. La gestion forestière doit veiller à ce que la lumière puisse pénétrer jusqu’au sol afin de favoriser la régénération et la coexistence de végétaux de différentes hauteurs. Ce n’est pas par hasard qu’on parle d'éclaircir une parcelle !
La création ou le maintien de clairières et de lisières de forêt doit être favorisés. En effet, les lisières sont des espaces intermédiaires entre la plaine ouverte et la forêt dense qui offrent des espaces de lumière et d’ombre variés créant ainsi des conditions qui leur permettent d’accueillir un nombre plus important d’espèces.
Certains arbres ont une fonction de garde-manger dans la forêt
Le nom latin du hêtre est Fagus qui vient lui-même du grec phêgos et signifie manger.
Le hêtre fait partie des grandes espèces nourricières de la forêt, avec le chêne, le châtaignier et autres arbres fruitiers. Ils produisent des fruits (glands, châtaignes, faînes, etc.), des graines, des feuilles ou des repousses qui servent de nourriture à de nombreux animaux et jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de la forêt.
Les fruits des arbres sont particulièrement importants en automne, quand la nourriture se fait plus rare. Le faîne, fruit de l’hêtre, est très apprécié par les oiseaux, les sangliers et les cerfs, et sachez que les écureuils en raffolent !
Le faîne, fruit du hêtre
🎧 En écoute
Interview de Pia Favali, chargée d'études et Animatrice du site Natura 2000 de la Seine-Saint-Denis qui présente les espèces que l'on peut trouver à la poudrerie.
L’Erable champêtre de l’aire de jeu du Hibou
L’Erable champêtre, arbre remarquable du parc forestier de la Poudrerie © CD93
L’Erable champêtre, spécimen européen d’une grande famille
La famille des acéracées à laquelle appartient l’Erable champêtre (Acer campestre) est présente dans les zones tempérées de l’hémisphère nord et dans les zones tropicales. Il existe au moins 150 espèces d’érables dans le monde.
Pour les reconnaître, observez leurs feuilles qui sont opposées et leurs fruits qui sont groupés par deux, appelés « doubles samares », et qui ressemblent à des hélicoptères.
Doubles samares, fruits de l’Erable champêtre
L’Erable champêtre se distingue des autres érables par ses petites feuilles arrondies et moins lobées que celles des autres érables, ainsi que par l’orientation de ses samares qui sont presque plats.
On appelle samare les graines ou les fruits dont la forme, semblable à une aile, leur permet de voyager avec le vent.
En dehors des érables, d’autres arbres produisent ces fruits, mais ils se distinguent par des formes différentes.
Samares de forme allongée, fruit du Frêne commun
Samares en forme de disque, fruit de l’Orme champêtre
Mais comment son feuillage prend-il une jolie couleur dorée en automne ?
De nombreux arbres à feuilles caduques (chêne, bouleau, tilleul, etc.) changent de couleur en automne. Pendant l’été, les feuilles sont vertes grâce à la chlorophylle, un pigment qui aide la plante à faire la photosynthèse (transformer la lumière du soleil en énergie). Quand arrive l’automne, les jours raccourcissent et la température diminue. La sève cesse de circuler, le pigment vert de la chlorophylle se dégrade et laisse alors apparaitre les autres pigments (jaunes et rouges) qu’il masquait auparavant.
Bien que le changement de couleur soit commun à beaucoup d’arbres à feuilles caduques, les érables se distinguent par la diversité de leurs couleurs automnales. L’Erable champêtre n’est pas le plus flambant de tous les Acers, mais sa couleur jaune dorée n’est pas sans charme !
Les humains, attention danger !
Les arbres présents dans les parcs ou jardins publics sont souvent soumis à des agressions humaines volontaires ou involontaires.
Vous avez déjà peut-être gravé votre nom associé à celui de l’être cher à un moment de votre vie. Sachez qu'au-delà de dire au monde votre émoi, vous avez potentiellement ouvert une porte d’entrée à des bactéries dangereuses pour l’arbre.
Exemple d’écorce gravée sur un Hêtre commun au parc forestier de la Poudrerie © Guillemette Morin
L’écorce joue, en effet, un rôle vital : elle protège l’arbre contre les maladies, les parasites et les agressions extérieures. En l'arrachant ou en la gravant, on expose le bois interne, rendant l’arbre vulnérable aux infections et aux dommages, ce qui peut l’affaiblir ou même entraîner sa mort.
Le piétinement du sol autour du tronc des arbres est un autre facteur de fragilisation. Jusqu’à 1,5 mètre, il ne faudrait absolument pas piétiner le sol car 80 % des racines sont situées dans ce périmètre ce qui en fait une zone particulièrement vulnérable. Le piétinement en tassant la terre réduit considérablement la circulation de l’air et de l’eau. La terre perd alors sa qualité d’éponge et empêche les racines de puiser l’eau et de respirer. Bien que cela paraisse contre-intuitif, sachez que c’est par ses racines que l’arbre respire !
Un homme informé en vaut deux !
La réalisation de ce type d’agression est généralement due à un manque de connaissance de la part des personnes les réalisant. C’est pourquoi, il est essentiel de sensibiliser les publics sur l’importance de respecter les arbres. Par ailleurs, la pose de barrières ou de protections autour des arbres peut limiter l’accès direct, empêchant ainsi le piétinement et les dégradations.


