Savigny-sur-Orge et son patrimoine scolaire
Partez à la découverte de l’histoire du centre de Savigny à travers ses établissements scolaires. Élèves, enseignants, visiteurs, ou habitants, plongez dans l’histoire de l’urbanisation de la banlieue parisienne au cœur de Savigny, de la noblesse aux enjeux contemporains.
Réalisé dans le cadre du Projet Artistique et Culturel en Territoire Éducatif avec la classe de seconde du lycée Gaspard Monge de Savigny-sur-Orge | 2026.
Aperçu du parcours
Le lycée Corot / Château Davout
Monumental et impressionnant, le lycée Corot est un ancien château, qui se développe et rayonne à partir de la deuxième moitié du XVe siècle grâce à Étienne de Vesc. Aristocrate à la cour royale, celui-ci y organise des réunions mondaines. Il fait construire une imposante demeure seigneuriale de style mi-gothique mi-Renaissance, à l’emplacement d’un ancien château féodal. L’objectif est d’assurer le rayonnement du seigneur par la richesse des choix architecturaux. On retrouve un plan carré, des douves en eau, quatre tours d’angle en brique, et une entrée sous-forme de donjon-porche à laquelle on accède par un pont levis.
©Archives départementales Essonne
Au cours des siècles, l’imposante bâtisse se transforme au gré des besoins de ses occupants et des courants architecturaux, le comte de Montrevel (Ferdinand de La Baume) aménage un parc à la française à partir de 1621.
Au XVIIIᵉ siècle, un incendie détruit l’aile sud-ouest, ce qui entraîne la construction d’une aile en pierre de taille. Au cours du XIXᵉ siècle, Louis-Nicolas Davout en est l’heureux propriétaire. Maire de la ville, il entreprend d’importants travaux, confiés à l’architecte Alexandre Dufour, pour améliorer l’aspect du château. On y construit des pavillons d’entrées, d’imposantes écuries, un moulin au bord de l’Orge.
Carte de l’État Major ©IGN
Cédé à Jean Alexis Duparchy, l’ingénieur renommé notamment pour la construction du canal de Suez, le château continue d’être habité jusqu’à la première guerre mondiale où il devient un hôpital militaire.
En 1940, un obus cause un important incendie. Les dégâts sont tels que les propriétaires préfèrent, en 1948, vendre le château à L'Education nationale. Il devient une annexe du lycée Lakanal de Sceaux. Germain Grange, architecte et lauréat du prestigieux prix de Rome, a la charge de concevoir la transformation du château pour accueillir les premiers élèves à la rentrée 1950. Le choix est fait de fondre les nouvelles constructions dans leur environnement, en s’inspirant d’un style architectural dit “Île-de-France moderne”, c’est à dire en associant une ossature en béton avec les matériaux de constructions traditionnels de la région : bois, brique, meulière. En 1953, l’établissement devient indépendant et prend le nom de lycée autonome Jean-Baptiste-Corot.
Vue du Château et des douves ©Philippe Ayrault, Région Île-de-France
En 2001, l’agence d’architecture Leclerc et Associés est sélectionnée pour mener un important projet de restructuration et extension du lycée. L’enjeu est d’intégrer de nouveaux bâtiments contemporains au sein du parc paysager, en prenant en compte les enjeux patrimoniaux du site. Trois extensions de bâtiments sont créées, associées à des passerelles. Cet ensemble constructif restructure le site. Les matériaux sont choisis pour s’intégrer au mieux à l’architecture et au site paysager, tout en étant contemporain : structure en bois, façades largement vitrées.
Ce projet est salué par la critique architecturale, il est nommé au prestigieux prix de l’Équerre d’Argent 2008.
Vue intérieure du réfectoire ©Philippe Ayrault, Région Île-de-France
Contenus additionnels

Le lycée Corot / Château Davout
Monumental et impressionnant, le lycée Corot est un ancien château, qui se développe et rayonne à partir de la deuxième moitié du XVe siècle grâce à Étienne de Vesc. Aristocrate à la cour royale, celui-ci y organise des réunions mondaines. Il fait construire une imposante demeure seigneuriale de style mi-gothique mi-Renaissance, à l’emplacement d’un ancien château féodal. L’objectif est d’assurer le rayonnement du seigneur par la richesse des choix architecturaux. On retrouve un plan carré, des douves en eau, quatre tours d’angle en brique, et une entrée sous-forme de donjon-porche à laquelle on accède par un pont levis.
©Archives départementales Essonne
Au cours des siècles, l’imposante bâtisse se transforme au gré des besoins de ses occupants et des courants architecturaux, le comte de Montrevel (Ferdinand de La Baume) aménage un parc à la française à partir de 1621.
Au XVIIIᵉ siècle, un incendie détruit l’aile sud-ouest, ce qui entraîne la construction d’une aile en pierre de taille. Au cours du XIXᵉ siècle, Louis-Nicolas Davout en est l’heureux propriétaire. Maire de la ville, il entreprend d’importants travaux, confiés à l’architecte Alexandre Dufour, pour améliorer l’aspect du château. On y construit des pavillons d’entrées, d’imposantes écuries, un moulin au bord de l’Orge.
Carte de l’État Major ©IGN
Cédé à Jean Alexis Duparchy, l’ingénieur renommé notamment pour la construction du canal de Suez, le château continue d’être habité jusqu’à la première guerre mondiale où il devient un hôpital militaire.
En 1940, un obus cause un important incendie. Les dégâts sont tels que les propriétaires préfèrent, en 1948, vendre le château à L'Education nationale. Il devient une annexe du lycée Lakanal de Sceaux. Germain Grange, architecte et lauréat du prestigieux prix de Rome, a la charge de concevoir la transformation du château pour accueillir les premiers élèves à la rentrée 1950. Le choix est fait de fondre les nouvelles constructions dans leur environnement, en s’inspirant d’un style architectural dit “Île-de-France moderne”, c’est à dire en associant une ossature en béton avec les matériaux de constructions traditionnels de la région : bois, brique, meulière. En 1953, l’établissement devient indépendant et prend le nom de lycée autonome Jean-Baptiste-Corot.
Vue du Château et des douves ©Philippe Ayrault, Région Île-de-France
En 2001, l’agence d’architecture Leclerc et Associés est sélectionnée pour mener un important projet de restructuration et extension du lycée. L’enjeu est d’intégrer de nouveaux bâtiments contemporains au sein du parc paysager, en prenant en compte les enjeux patrimoniaux du site. Trois extensions de bâtiments sont créées, associées à des passerelles. Cet ensemble constructif restructure le site. Les matériaux sont choisis pour s’intégrer au mieux à l’architecture et au site paysager, tout en étant contemporain : structure en bois, façades largement vitrées.
Ce projet est salué par la critique architecturale, il est nommé au prestigieux prix de l’Équerre d’Argent 2008.
Vue intérieure du réfectoire ©Philippe Ayrault, Région Île-de-France
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La place Davout
À Savigny-sur-Orge, une ligne de chemin de fer coupe la commune en deux depuis 1841. C’est la ligne Paris-Orléans qui ne prévoyait pas d’y marquer l’arrêt. Après une mobilisation forte des élus locaux, une station est construite en 1845 ! Une gare de marchandises est aussi construite en 1888. Elle permet d’envoyer les fruits et légumes locaux aux Halles centrales de Paris.
La place de la gare devient alors une centralité pour Savigny et accueille le marché de plein air hebdomadaire.
Carte postal de la place de la gare ©Ville de Savigny-sur-Orge
Notables, ouvriers et paysans s’y retrouvent, c’est un lieu de vie central pour la commune.
A partir des années 1940, des voix s’élèvent pour réclamer la construction d’un marché couvert, plus confortable. La guerre, puis la période de la reconstruction, ralentissent le processus. Ce n’est qu’en 1985 que la rénovation complète de la place et le marché couvert sont réalisés.
Carte postale de la place du Marché ©Ville de Savigny-sur-Orge
La nouvelle place est conçue par Jean-Louis Chentrier, architecte et directeur général des services techniques de la mairie. Il a donc un double rôle, maître d’œuvre et maître d’ouvrage, fait rare. La place accueille un marché couvert, un parking en sous-sol et un office de tourisme. L’architecture associe la brique et une charpente métallique en treillis.
Plan de reconstruction du marché place Davout ©Ville de Savigny-sur-Orge
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L'école Ferdinand Buisson
L’école Ferdinand Buisson date de 1883, elle est construite pour remplacer l’ancienne école mairie devenue trop petite suite à l’augmentation du nombre d’enfants scolarisés après la promulgation des lois Ferry rendant l’école gratuite et obligatoire (1881). L’école Ferdinand Buisson est alors une école de garçons. Elle connaîtra plusieurs agrandissements suite à l’augmentation de la population.
Carte postale de l'école Ferdinand Buisson ©archives de la ville de Savigny-sur-Orge
En 1926, la municipalité construit une cantine. En 1929, une classe provisoire est installée, puis huit classes supplémentaires entre 1957 et 1960. En 1970, l’école devient mixte. L’architecture est hétéroclite, au gré des différentes transformations et des époques constructives. Certains bâtiments se composent de matériaux traditionnels de la région, pierre de taille et pierre meulière, brique, d’autres sont composés d’éléments préfabriqués en béton.
Implantation de l'école Ferdinand Buisson en 1964 ©Remonter le temps.ign.fr
Au début des années 2020, la vétusté de certains bâtiments pousse la commune à mener un vaste projet de réhabilitation et reconfiguration. L’objectif est d’agrandir les bâtiments et les adapter aux usages pédagogiques contemporains. Certains bâtiments sont démolis, d’autres réhabilités.
Regardez les matériaux : la nouvelle architecture reprend des éléments architecturaux de l’ancienne école, pierre meulière, les encadrements de fenêtres sont en béton. La volumétrie est contemporaine.
Vue aérienne du nouveau bâtiment ©AKLA Architectes
Le projet est confié à l’agence AKLA Architectes qui propose une volumétrie contemporaine qui s’implante dans la pente en insérant les cours sur trois niveaux. Ce dispositif architectural permet de rendre tous les bâtiments accessibles, grâce à un système de double accès depuis les cours hautes et basses, plus adapté aux personnes à mobilité réduite.
La bâtiment souligne l’axe nord-sud de la commune et devient un marqueur de l’avenue Charles de Gaulle.
Plan de coupe du bâtiment ©AKLA Architectes
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Le collège Paul Bert
Le collège Paul Bert est l’ancien groupe scolaire féminin du centre de Savigny-sur-Orge. Une école élémentaire et maternelle, construite à partir de 1930, dans le coteau proche de la gare pour accueillir la population grandissante de jeunes filles scolarisées. Le groupe scolaire accueille les classes de l’ancienne école Joséphine. Inaugurés en 1933 avec 9 classes, les bâtiments sont régulièrement agrandis, en 1954, 1957 et 1960.
L'horloge, point de repère du collège ©Collège Paul Bert
L’architecture est rationnelle et hygiéniste. Les longs bâtiments entourent une cour. Les façades s’ouvrent largement grâce à de grandes baies, et la faible épaisseur du bâtiment permet de faciliter la ventilation. Les appareillages de brique et l’ornementation en façade sont caractéristiques de l’architecture scolaire du début du XXᵉ siècle. Les architectes composent des façades où les proportions et les jeux de volumes doivent créer une harmonie.
L'entrée du collège ©Collège Paul Bert
La structure du bâtiment, en béton, montre une modernisation de l’architecture. Le béton est un mélange de sable, de ciment, et d’eau. On peut y rajouter une structure en acier pour augmenter sa résistance à la traction, ça devient du béton armé. Le béton qui commence à apparaître dans de nombreux bâtiments dans les années 1930, va se généraliser après la deuxième guerre mondiale. Rapide et facile à mettre en œuvre, il permet d’employer une main d’œuvre peu qualifiée. En effet, contrairement aux structures en charpentes bois ou métal qui nécessitent des charpentiers et des soudeurs, le béton est simplement coulé dans des banches (sorte de moules). Il a également une grande résistance, ce qui permet de construire des bâtiments avec de grandes portées. Dans une école, les salles de classes ne sont donc pas divisées par un élément porteur.
En 1970, l’école devient mixte à Savigny-sur-Orge. Les jeunes filles déménagent dans l’école Ferdinand Buisson. Le bâtiment est alors acquis par le Département pour devenir le collège Paul Bert.
Implanté dans la pente, le collège avec ses quatre étages est surmonté d’une belle horloge, qui devient un point de repère dans la commune.
Vue depuis le croisement de la rue Carnot et la rue de la liberté ©CAUE91
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L'avenue Carnot
Jusqu’à la première guerre mondiale, Savigny est un bourg rural, où l’urbanisation se concentre autour des deux châteaux (Grand Vaux et le château de Savigny). En 1919, on compte 2000 habitants.
À partir de là, le développement de la commune sera très lié à celui du modèle pavillonnaire ; ces maisons individuelles qui permettent l’accession à la propriété à une large part de la population au cours du XXᵉ siècle.
Le plateau. Route de Montlhéry. - 2FI166 4 - Lot 1 - Média 1 ©Archives départementales de l’Essonne
Le développement de la ligne de chemin de fer a rapproché Savigny-sur-Orge de Paris. Des familles d’ouvriers, employés, cheminots et fonctionnaires, achètent des lopins de terre. Ils y construisent des cabanons, cultivent des jardins. Au départ, les petites maisons légères qui occupent ces parcelles sont vouées à être occupées seulement les week-end pour profiter de l’air de la campagne.
Maison en meulières typique des années 1930 ©CAUE91
En 1928, la loi Loucheur vient favoriser l’équipement de ces lotissements en électricité, gaz. Des rues sont pavées, des équipements publics sont construits. Cette loi vise à résoudre la crise du logement, en prévoyant de construire 260 000 pavillons sociaux. Elle va participer à la forte augmentation de la population à Savigny-sur-Orge pour atteindre en 1931, 12 000 habitants.
Les futurs propriétaires des pavillons Loucheur choisissent une maison sur plan, issu d’un catalogue. Ils sélectionnent ensuite les matériaux et les entrepreneurs. Des fonds de l’État permettent de mandater un architecte pour suivre le chantier et s’assurer de la qualité des ouvrages. Le modèle du pavillon Loucheur va se développer dans de nombreuses banlieues. L’un d’eux est visible au n°34 de l’Avenue Carnot.
“Ma maison par la loi Loucher” de Maison pour tous - 1929 ©Seine Saint-Denis Tourisme
Reconnaissable à sa toiture en tuiles plates en double pente, ferronneries et décors en céramique, les pavillons de la première moitié du XXᵉ siècle se caractérisent souvent par un bâtiment principal donnant sur la rue, un jardin à l’arrière, souvent des annexes (appentis, garages). Les matériaux de constructions varient en fonction des propriétaires et des disponibilités, parpaings ou meulières. Ce sont des constructions bon marché dans les années 1920, qui permettent à leurs habitants d’accéder à un nouveau confort. Pour la première fois, des maisons sont construites avec des WC, salle de bain, il y a de l’eau courante pour tous ! Ouvrez l’œil lors de votre prochaine balade dans d’autres banlieues pavillonnaires, vous pourriez en identifier d’autres.
Autre exemple de pavillon pris dans le catalogue de la loi Loucher ©CAUE91
Tout au long du XXᵉ siècle, l’architecture pavillonnaire s’est transformée, adaptée aux usages. Des extensions, surélévations, démolitions et reconstructions se sont multipliées au fil des acquisitions. Sur l’avenue Carnot, on peut ainsi observer des pavillons des années 1920, 1930, aux années 1970-80 au niveau du n°38, jusqu’aux plus récents datant des années 2010 au n°36. Ces maisons permettent de lire les évolutions architecturales d’une banlieue contemporaine.
Cette balade est la preuve que tous les quartiers ordinaires cachent des pépites architecturales !
Notre voyage à travers le temps et Savigny-sur-Orge s’arrête ici. Nous vous remercions d’avoir voyagé avec le CAUE de l’Essonne, nous vous souhaitons une très bonne journée.
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